Le nouveau visage du solaire français

A lire, un article signé de MATTHIEU QUIRET, Les Echos, 5 septembre 2012

« Les grands acteurs du solaire français brillent, les plus petits s’éclipsent. C’est le sentiment que partage le secteur quelques semaines après l’attribution par l’Etat, fin juillet, de deux gros appels d’offres. Les lauréats pourront vendre à EDF leur électricité au prix promis dans leurs offres, à condition de construire et raccorder leurs centrales d’ici à deux ans. Le ministère du Développement durable a choisi une grosse centaine de projets de toitures solaires allant de 100 à 250 kilowatts, du type hangar agricole, totalisant 21 mégawatts (MW). La seconde sélection de 105 installations, pour 520 MW de capacité, concerne les puissances de 250 kilowatts (grandes toitures tertiaires, fermes au sol). Selon le gouvernement, ces projets doivent générer plus de 1 milliard d’euros d’investissement, de quoi garnir les carnets de commandes des opérateurs et de quelques industriels français. Une grosse trentaine de porteurs de projet ont été retenus qui feront travailler de nombreux fournisseurs.

Modules étrangers

Pourtant, les résultats sont contrastés. Les grands groupes, une fois de plus, s’en sortent mieux, regrette Richard Loyen, délégué général d’Enerplan, syndicat des professionnels du solaire. GDF Suez figure loin devant les autres, avec plus de 80 MW de puissance à installer. Selon le groupe, il va ainsi tripler sa capacité photovoltaïque au sol. Une coentreprise de Réseau Ferré de France et Veolia décroche une cinquantaine de mégawatts, tandis que les trois gros indépendants NeoEN, Akuo Energy et Valorem en obtiennent chacun une quarantaine. Seul EDF est apparu en retrait.

Côté industriel, l’appel d’offres bénéficiera surtout à des producteurs étrangers de modules et panneaux. « En technologie cristalline, plus de 70 % des modules seront fabriqués hors de France, plus de 90 % des cellules », déplore Jean François Perrin, président de l’Association de l’industrie photovoltaïque française. Photowatt ou Tenesol, par exemple, n’ont pas profité de ce bol d’air. Seuls quelques producteurs locaux tirent leur épingle du jeu sur les projets les plus innovants. Fonroche revendique un total de commandes de plus de 60 MW, de quoi occuper pendant deux ans son site d’Agen. Soitec a décroché la fourniture des modules à haut rendement dans huit projets de centrale à concentration, soit 54 MW. Le site de Bosch à Vénissieux obtiendrait une cinquantaine de MW. Le nouveau producteur français MPO a également pu s’embarquer dans un projet de 20 MW.

Les deux syndicats Enerplan et SER saluent cet effort de l’Etat en direction de l’innovation. Daniel Bour, président du groupe de réflexion France Territoire Solaire, estime pourtant que les Français ne doivent plus se battre contre les Chinois sur l’innovation dans les modules ou les panneaux solaires, mais sur les équipements à plus haute valeur ajoutée comme les onduleurs ou les systèmes de pointage du soleil. Richard Loyen regrette de son côté le manque de transparence sur les critères des appels d’offres. «  Beaucoup de nos PME ont été recalées et elles vont devoir attendre un an pour obtenir la garantie sur le financement et l’assurance de leurs projets », précise-t-il. La filière espère donc une évolution du système d’appel d’offres et une extension des tarifs d’achat jusqu’à 250 kW, contre 100 kW actuellement. »

Notre commentaire : dans un environnement morose, SOLAPRO démontre par sa bonne santé, qu’un acteur de taille moyenne peut s’en sortir, à condition de concentrer ses efforts sur une réelle attention client et une excellente qualité de service. Un travail de tous les instants…

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